AWS a définitivement perdu des données clients, détruites par des drones iraniens

Des drones iraniens ont frappé des datacenters d'Amazon au Bahreïn et aux Emirats arabes unis début mars, et six mois plus tard le verdict est tombé : une partie des données clients hébergées sur place ne reviendra jamais. AWS, la branche cloud d'Amazon qui fait tourner une bonne partie du web mondial, l'a reconnu dans un message adressé à ses clients.

Ces frappes faisaient partie de la riposte de Téhéran aux attaques américano-israéliennes menées contre l'Iran quelques semaines plus tôt. Deux installations émiraties ont été touchées directement, un site bahreïni a été endommagé par une frappe voisine, avec des dégâts de structure, des coupures d'alimentation et même des dégâts des eaux provoqués par l'extinction des incendies.

Pour mesurer l'ampleur du problème, il faut savoir qu'une "région" AWS regroupe plusieurs zones de disponibilité, des ensembles de bâtiments volontairement éloignés les uns des autres pour que le second prenne le relais quand le premier tombe. Sauf que voilà, quand les drones reviennent et touchent plusieurs zones à quelques semaines d'intervalle, cette belle mécanique ne protège plus rien.

C'est exactement ce qui s'est produit au Bahreïn : une première zone abîmée en mars, une deuxième en avril, et la région me-south-1 tout entière est devenue inaccessible. Amazon décrit des dégâts qui dépassent ce que ses services régionaux et multi-zones sont conçus pour encaisser, et conclut qu'il est impossible de restaurer les données qui n'existaient qu'à cet endroit. Aux Emirats, une zone sur trois est condamnée elle aussi, alors que les deux autres se remettent doucement.

Dans la région, les conséquences s'étaient fait sentir dès le mois de mars, avec des pannes chez Careem, le VTC local, et chez plusieurs banques comme Emirates NBD. Amazon avait alors conseillé à ses clients de migrer vers d'autres régions et de repartir de leurs sauvegardes, ce que la plupart ont réussi à faire, et a distribué quelque 150 millions de dollars de crédits en dédommagement.

D'après le Wall Street Journal, jamais un conflit armé n'avait détruit définitivement des données hébergées dans le cloud. On l'oublie facilement, mais le nuage informatique, vos photos et les serveurs des entreprises compris, occupe des bâtiments bien réels, avec une adresse connue et désormais à portée du premier drone venu. Ça fait franchement relativiser le concept de nuage.

Reste à savoir combien d'entreprises du Golfe gardaient leurs sauvegardes au même endroit que leurs serveurs.

Source : Wired

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