Tesla risque-t-il gros dans son procès pour racisme en Californie ?
Le procès dont on va vous parler ici s'est ouvert le 21 septembre devant le tribunal du comté d'Alameda, à Oakland, et il doit durer jusqu'à fin octobre. L'État de Californie y accuse Tesla d'avoir laissé s'installer un racisme généralisé dans son usine de Fremont, le grand site d'assemblage de la marque près de San Francisco.
La plainte a été déposée en 2022 par le CRD, l'agence californienne chargée de faire respecter les droits civiques, après trois ans d'enquête et des centaines de témoignages d'ouvriers. Elle couvre plus de 6 000 travailleurs noirs passés par les chaînes de Fremont.
Le dossier est lourd. Des chefs d'équipe qui utilisaient l'insulte raciste la plus violente de la langue anglaise, des croix gammées et des graffitis racistes dans les toilettes, et des ouvriers qui avaient fini par surnommer l'usine "la plantation".
L'État a aussi sorti sa calculatrice : les ouvriers noirs de Fremont auraient touché environ 1 500 dollars de moins par mois que leurs collègues blancs entre 2018 et 2024, alors qu'ils étaient cantonnés aux postes les plus durs, sanctionnés plus sévèrement et écartés des promotions.
La plainte décrit aussi des ressources humaines squelettiques, avec un seul référent pour 600 à 700 salariés. Du coup, les signalements restaient sans suite, et ceux qui insistaient trop risquaient carrément la rétrogradation ou la porte.
Tesla nie tout en bloc, affirme ne tolérer aucune discrimination et mettre dehors les fautifs quand les faits sont établis. La marque a même contre-attaqué en justice contre l'agence en 2022, sans succès, et sa demande d'enterrer le procès avant l'audience a été rejetée en avril.
Ce n'est pas une première. Owen Diaz, un ancien opérateur d'ascenseur de Fremont, avait obtenu 137 millions de dollars en 2021, une somme ramenée à environ 3 millions en appel. Une action collective s'est réglée en partie cet été, et l'agence fédérale chargée de l'égalité au travail poursuit Tesla de son côté.
Sauf que cette fois, la loi californienne ne plafonne pas les dommages et intérêts, contrairement au droit fédéral. Et il n'y aura pas de jury : le juge Peter Borkon tranchera seul, face à une entreprise qui pèse autour de 1 400 milliards de dollars en Bourse.
J'admets que le surnom donné à l'usine par ses propres ouvriers m'a quelque peu mis mal à l'aise. On parle de 2026, pas de 1926.
Source : CNET