YouTube refuse de payer 6 milliards pour la protection des ados

Le patron de YouTube, Neal Mohan, a écarté mercredi, devant des journalistes réunis pour Made on YouTube (l'événement annuel que Google consacre à ses créateurs), l'idée de rejoindre l'accord que Meta a signé cet été avec une cinquantaine de procureurs américains sur la protection des mineurs.

Pour resituer, Meta a accepté fin août de verser jusqu'à 18 milliards de dollars pour solder les poursuites d'une trentaine d'États qui l'accusaient d'avoir volontairement conçu Instagram et Facebook comme des machines à rendre accro, sur fond de crise de santé mentale chez les ados américains.

Sauf que cet accord contient une clause particulière : Meta ne versera que 70 % de la somme, à moins que TikTok et YouTube n'acceptent chacun de payer autour de 6 milliards de dollars et d'appliquer les mêmes règles, avec une limite de temps quotidienne activée par défaut pour les mineurs et la suppression des compteurs de likes pour les ados.

Autrement dit, Meta s'est négocié une remise de plus de 5 milliards si ses deux grands concurrents trinquent avec lui. Il fallait oser.

Le calcul des États se comprend aussi : plutôt que d'attaquer chaque plateforme une par une pendant des années, ils se servent du portefeuille de Meta pour pousser tout le secteur à adopter les mêmes règles d'un coup.

Du coup, Neal Mohan a sorti la réponse classique de la maison : "Nous investissons depuis très longtemps pour que les jeunes soient en sécurité sur notre plateforme", avant de rappeler que YouTube est selon lui "une plateforme très différente" de Meta.

Il met en avant les outils déjà en place, comme la possibilité pour les parents de limiter le temps que leurs ados passent sur Shorts, le format de vidéos courtes de YouTube, et le travail mené avec des experts extérieurs sur la sécurité des enfants.

L'argument se défend à moitié, parce que ces réglages sont optionnels alors que l'accord Meta impose justement des limites activées par défaut, ce qui change tout dans les familles où personne ne touche jamais aux paramètres.

Au niveau des États, le procureur général de Californie Rob Bonta a déjà prévenu que ses collègues étaient prêts à traîner TikTok et YouTube devant les tribunaux pour les faire entrer dans le rang. Bref, tout est une question de mise sous pression maintenant. Mais c'est particulier de voir les plateformes se battre pour économiser quelques sous, au détriment de la santé des plus jeunes.

Source : CNN

添加评论
点赞收藏
点踩分享查看原文
评论
?
参与讨论