Meta condamnée à 25 milliards pour avoir menti sur vos données
Un juge du Nouveau-Mexique a condamné Meta hier à verser 25 milliards de dollars à l'État, huit ans après les révélations du scandale Cambridge Analytica. Pour situer, la FTC, le gendarme américain du commerce, lui avait infligé 5 milliards en 2019 pour la même affaire, et tout le monde trouvait déjà ça énorme.
Pour ceux qui sont passés à côté à l'époque, Cambridge Analytica était un cabinet britannique qui avait aspiré les données de 87 millions de comptes Facebook grâce à un simple quiz de personnalité, avant de s'en servir pour cibler les électeurs américains pendant la campagne de 2016.
Sauf que le procès ne portait pas sur le siphonnage lui-même. Le jury de Santa Fe a conclu en septembre que Meta avait trompé les habitants de l'État en leur promettant que leurs données personnelles étaient protégées, une tromperie qui tombe sous le coup de la loi locale sur les pratiques commerciales déloyales.
Le jury a retenu 43 millions d'infractions, chacune pouvant coûter jusqu'à 5 000 dollars. Faites le calcul. Meta risquait en théorie 219 milliards, l'État en réclamait entre 35 et 40, l'entreprise proposait d'en lâcher à peine 3,5, et le juge a tranché à 25.
La somme doit financer les écoles du Nouveau-Mexique, avec des intérêts qui courent tant qu'elle n'est pas versée. Et ce n'est pas la première facture du dossier, puisque Meta avait déjà payé 725 millions de dollars en 2022 pour solder une action collective liée au même scandale.
Meta a annoncé son appel dans la foulée, son directeur juridique qualifiant la décision de "taxe sur la parole". Il fallait l'oser.
La condamnation tombe pile pendant la publication des résultats trimestriels, et les chiffres sont assez parlants. Meta a encaissé près de 65 milliards de dollars de chiffre d'affaires en trois mois, tout en passant une charge de presque 10 milliards pour solder un autre dossier, celui de la santé mentale des adolescents, négocié cet été avec une cinquantaine de procureurs généraux américains.
L'entreprise a même expliqué à ses actionnaires, sans rire, que son résultat d'exploitation trimestriel serait passé de 13 à presque 23 milliards sans cette histoire de sécurité des enfants. Du coup, les 25 milliards du Nouveau-Mexique représentent à peine plus d'un trimestre de résultat, et la machine publicitaire va absorber ça sans trop de mal.
Mais bon, avec l'appel qui s'annonce et des années de procédure devant tout le monde, personne ne sait quand les écoles du Nouveau-Mexique verront la couleur de cet argent.
Source : The Verge