Disney embauche l'ex-boss de Character.AI qu'il menaçait d'un procès
L'information a de quoi surprendre. La firme aux grandes oreilles sort le carnet de chèques et se paye Karandeep Anand pour le propulser directement Chief Technology Officer (CTO). Un poste taillé sur mesure, puisqu'il n'existait tout simplement pas jusqu'ici à l'échelle du groupe et qu'il reporte directement au sommet.
Le bonhomme affiche un CV plutôt costaud. Il pilotait encore très récemment Character.AI, cette entreprise californienne ultraconnue pour ses modèles conversationnels capables d'imiter à peu près n'importe quelle célébrité. On parle aussi d'un ancien pilier de Microsoft, où il a passé quinze ans à faire tourner la machine Azure, avec des crochets chez Meta et la plateforme Brex. Il a désormais la lourde tâche d'unifier l'ingénierie maison, de gérer les immenses plateformes de données et surtout, d'injecter de l'intelligence artificielle partout où c'est possible dès son arrivée.
Mais l'histoire est surtout très drôle quand on se rappelle le contexte.
Il y a un an à peine, les équipes juridiques de Disney sortaient les crocs et arrosaient Character.AI de mises en demeure particulièrement salées pour violation massive de droits d'auteur. La major refusait de voir des armées d'internautes tailler le bout de gras avec des avatars non officiels de Mickey ou d'Elsa, exigeant un grand ménage immédiat sous peine de représailles. La startup visée avait alors dû fermer les vannes en catastrophe, bloquer certains comptes et multiplier les filtres de sécurité pour rassurer ses investisseurs en urgence.
Zéro pitié.
Du coup, voir l'empire du divertissement faire les yeux doux aujourd'hui à la même équipe dirigeante qu'ils voulaient écraser sous le poids de la justice en 2025 est une situation plutôt cocasse. C'est assez dingue même.
La meilleure technique pour rattraper un énorme retard technologique sans avoir à lâcher des dizaines de milliards dans un rachat compliqué, c'est visiblement de siphonner les talents à la source. D'autant que la manœuvre est d'une efficacité folle : le nouveau patron technique ne vient pas les mains vides, puisqu'il embarque dans ses valises une bonne partie de ses anciens ingénieurs. L'idée est de muscler instantanément les équipes de développement de son nouvel employeur, sans avoir à chercher des profils extérieurs pendant des mois.
Pour ces développeurs élevés au grain dans la culture très libre de la Silicon Valley, l'atterrissage au milieu des validations d'une multinationale tentaculaire risque quand même de piquer un peu au quotidien. En tout cas j'avoue que la violence de ce retournement de veste m'impressionne pas mal.
Source : Engadget