CXMT, le chinois vient bousculer les trois géants de la mémoire

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CXMT est entrée en Bourse à Shanghai aujourd'hui et l'action a pris plus de 470 % dans la journée, mais le plus intéressant chez ce fabricant n'est pas son cours.

L'entreprise est née en 2016 à Hefei avec un capital de départ d'environ un million et demi de dollars, ce qui, dans une industrie où une seule usine se chiffre en milliards, ne payait même pas le ticket d'entrée.

Dix ans plus tard, elle produit de la DRAM, ces puces de mémoire vive qui équipent les PC et les téléphones, elle a doublé sa part du marché mondial en trois trimestres pour atteindre 8 %, et elle se retrouve quatrième derrière les deux Coréens et l'Américain Micron.

Ses puces équipent plus de 30 % des smartphones Android vendus en Chine hors Huawei, à quelques pourcents près du tarif pratiqué par les trois gros, et ses usines sortent aujourd'hui plus de dix fois ce qu'elles produisaient en 2019.

Sauf que le marché a déplacé son centre de gravité pendant qu'elle rattrapait son retard. Ce qui rapporte désormais, c'est la HBM, une mémoire empilée en couches et collée au plus près des puces d'IA, qui dégage trois à cinq fois plus de revenus par galette de silicium que la DDR5 classique.

C'est exactement là que ça coince. Sa production de HBM3 était annoncée pour la fin 2026, un rapport d'avril juge maintenant improbable une fabrication en volume cette année, et pendant ce temps Samsung et SK Hynix sont déjà passés à la génération suivante.

Les analystes parlent d'un écart d'une génération entière.

L'autre plafond est matériel, puisque ses lignes tournent avec des machines américaines et japonaises alors que les graveurs les plus fins du néerlandais ASML lui restent interdits par les contrôles à l'exportation.

Le Pentagone l'a classée entreprise militaire chinoise en juin, et son inscription sur la liste noire commerciale américaine est approuvée sans être encore appliquée.

Son capital reste d'ailleurs largement public, autour de la moitié si l'on compte les entités adossées à la ville de Hefei, à la province de l'Anhui et au fonds national des semi-conducteurs. Et malgré sa taille, elle vend presque exclusivement chez elle, avec plus de 97 % de son chiffre d'affaires réalisé en Grande Chine.

Rattraper dix ans de DRAM avec de l'argent public, c'est faisable. Rattraper la HBM sans machines ASML, ça risque d'être un peu plus compliqué.

Source : Forbes

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